D’un collectif communiste de conseils à Düsseldorf : Guerre à la guerre!

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Guerre à la guerre!1

La guerre pour l’Ukraine est le résultat de la concurrence entre Etats impérialistes. Il est inutile de déterminer qui est le “coupable”, qui est le “plus faible”. Pour les calculs des Etats, de telles questions morales n’ont aucune importance, mais pour la propagande, elles sont extrêmement importantes.

La vérification des faits : c’est avec satisfaction que les Etats-Unis et leurs alliés ont vu les vestiges territoriaux de l’Union soviétique (SU) se dégrader de régions hautement industrialisées en fournisseurs de matières premières. Seule la production de biens militaires a été maintenue au niveau mondial. Par la suite, de nombreux anciens pays du bloc de l’Est et républiques de la SU ont été admis dans l’UE et intégrés dans l’alliance militaire de l’OTAN. La menace de la Russie a en outre été renforcée par la résiliation d’importants accords de désarmement de la part de l’OTAN. Le concurrent sur le plan de la politique mondiale semblait être battu.

Un État ne peut pas se résigner à cela. La Russie veut affirmer son prestige mondial, qu’elle a encore avec sa force de frappe nucléaire, elle trace des “lignes rouges”, menace de faire la guerre et finit par la mener à bien – même si elle risque l’autodestruction2.

Tout Etat qui s’engage sur la voie de la guerre a besoin de l’accord d’une grande partie de la population. L’acceptation de difficultés supplémentaires ou d’un changement radical de signe de la politique, de la propagande de paix à l’agitation guerrière, ne va pas de soi. C’est ainsi qu’a lieu un endoctrinement 24 heures sur 24 par les médias et les représentants de l’État. Celui qui ne se laisse pas convaincre de la sorte est exclu de la “communauté nationale” par des pressions délicates ou violentes. Cela se passe à l’Ouest comme à l’Est.

Les victimes de la concurrence entre Etats – en temps de paix comme en temps de guerre – sont toujours la population ordinaire, les travailleurs salariés. C’est sa force de travail bon marché qui crée les moyens de s’imposer aux Etats, c’est elle qui doit porter le poids des préparatifs de guerre et de la guerre, c’est elle qui peut se faire massacrer dans les batailles.

Il n’y a donc pas d’identité entre les intérêts de l’État et les besoins de la population pour une vie bonne et sans soucis. C’est une erreur fatale que de considérer l’État comme un prestataire de services pour le bien-être de la population.3 C’est exactement l’inverse. La masse de la population n’a qu’une seule tâche – et cela devient particulièrement évident en temps de crise -, elle doit se subordonner au bien de l’État à son détriment et veiller par son travail à doter l’État des moyens nécessaires à son application violente à l’intérieur et à l’extérieur.

Et les dommages que le citoyen risque de subir en s’alliant avec les gouvernants peuvent aller jusqu’à sa mort prématurée :

“Jeudi 3 mars le présentateur de Moma Til Nassif [télévision allemande] s’est entretenu avec Vitali Klitschko, le maire de Kiev. Nassif voulait savoir si Klitschko avait peur de ne peut-être pas survivre à la guerre en Ukraine – celui-ci répond sèchement, en haussant les épaules : ‘C’est un honneur de mourir pour son pays’”. (Focus-Online)

La guerre n’est pas seulement meurtrière, elle est aussi suicidaire. C’est pourquoi une grande partie de la population n’a jamais de bonnes raisons de faire la guerre ! Le 10 mars, une femme ukrainienne désespérée s’exprime dans le magazine du matin de la ZDF :

“Douleur, je ressens de la douleur. Ce sont des villes pleines de héros : Kharkiv, Kherson, Kiev. Mais nous ne voulons pas être des héros, nous voulons juste rester en vie”.

Il ne faut pas prendre parti pour le monde des Etats concurrents. A tous égards, une telle attitude est préjudiciable pour soi-même. Les Etats concurrents eux-mêmes sont nos adversaires.

Rätekommunistisches Kollektiv Düsseldorf

______________________________

1      Titre d’un ouvrage antimilitariste d’Ernst Friedrich. “Appelé sous les drapeaux pendant la Première Guerre mondiale, il a refusé de faire son service militaire pour des raisons de conscience. Comme il refusait de revêtir l’uniforme, on l’a placé dans un centre d’observation pour malades mentaux”. (Wikipedia)

2      L’État ukrainien ne fait pas d’autres calculs à l’inverse !

3      L’Occident justifie sa fermeté face aux revendications russes par la garantie de la liberté et de la démocratie. On entend ici la liberté de propriété, qui conditionne la division de la société entre les propriétaires de moyens de production orientés vers le profit et les salariés qui en dépendent. La démocratie permet un pouvoir illimité sur la base du consentement périodique de la population.

7 Comments on “D’un collectif communiste de conseils à Düsseldorf : Guerre à la guerre!

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