La TCI sur Cronstadt -1921 et le PCR (b)

Des enseignements centristes, limités et ambigus

Pantopolis publie le texte de la TCI en français “Le soulèvement de Cronstadt“. L’original sur le site de la TCI: https://www.leftcom.org/fr/articles/2021-03-14/cronstadt

Pantopolis écrit: “La Tendance Communiste Internationaliste (TCI) vient de publier un article très bienvenu sur le sens et les leçons de l’insurrection de Cronstadt et de l’écrasement des marins en mars 1921. Nous en donnons notre traduction pour une éventuelle discussion.
Pantopolis, 18 mars 2021″

Je présente une synthèse dans laquelle je me limite à me concentrer sur l’essentiel. Pour plus d’informations, voir les différents textes à la fin, et surtout les livres des éditions inter-rev, qui approfondissent méthodiquement et adéquatement: https://edicionesinterrev.wordpress.com/

La TCI au milieu de ses ambiguïtés, de ses reconnaissances limitées et de ses divers centrismes

Il s’agit d’une reconnaissance typiquement et manifestement centriste et limitée de ce qui s’est passé et de sa signification. La TCI reconnaît un certain nombre de conditions et d’actions, tant des     marins, soldats et ouvriers de Cronstadt en 1921 que du PCR (b). Mais     d’une part son analyse est sélective et limitée, et d’autre part elle converge vers      une évaluation critique    crue et suivie, rend difficile de tirer des conclusions radicalement critiques et rigoureusement communistes.

La guerre, l’isolement et les conditions sinistres deviennent   véritable joker. Nous savons que ces conditions et d’autres conditions terribles existaient, mais il ne     suffit pas     de le reconnaître et     de prétendre que      les soviets ont été minés      et que     Lénine et le PCR(b) ont été contraints de battre en retraite,     de lancer la NEP et de faire des concessions. Auparavant, la TCI affirmait que le PCR(b) croyait que     le soulèvement pouvait donner de la      force et être utilisé par la contre-révolution extérieure, un argument typique du trotskisme…. qui n’a aucune validité.

Ce que l’on cache, c’est que      la ligne politique et d’action des bolcheviks    inscrire dans le capitalisme d’Etat, réussir à l’enraciner et à le diriger, en déployant des    positions typiquement social-nationalistes de ” socialisme d’Etat “, c’est-à-dire de      propagation du capitalisme       Comme en Russie de février 1917 à octobre, le menchevisme et les SR ont joué un rôle néfaste et pro-bourgeois (soutien aux structures gouvernementales), toute dissidence par rapport à ce que décidait le PCR(b) était nécessairement petite-bourgeoise et anti-soviétique, contre-révolutionnaire et aventuriste, etc. Mais les choses ne sont ni aussi manichéennes ni aussi simples. Une accumulation de condicos a créé les meilleures conditions pour que l’approche bolchevique de l’action soit basée sur le substitutionnisme : c’était le parti qui ferait ce que la classe ne faisait pas, ou ne faisait pas comme le parti le souhaitait, mais cette approche était en cours depuis longtemps, elle n’a pas surgi à ce moment-là. Était-ce là le modèle que Marx et Engels avaient tiré de la Commune de Paris, de leurs leçons critiques ? Lénine les connaissait, comme il connaissait la critique de Marx sur le programme Gohta du parti socialiste allemand, mais sa “flexibilité” l’a conduit tant à dire que oui, même un cuisinier devrait opérer dans des fonctions de direction de l’État, à dire le contraire, parce qu’il n’y avait pas de conditions, Il est allé jusqu’à dire qu’il n’était pas blanquiste dans son célèbre texte “L’État et la Révolution”, à utiliser pratiquement le modèle blanquiste (typique des révolutionnaires du passé, comme disait Engels), et à altérer la thèse de Marx selon laquelle dans le socialisme il n’y a pas d’État, en la remplaçant dans ce livre et en général par le contraire, en assurant qu’il y a un État. Le “phare de clarté et de rigueur” léniniste n’est pas léniniste, et ses murs, ses inepties et ses modèles sont très ancrés dans le pire héritage social-démocrate, celui qui considère que le socialisme est un capitalisme d’État généralisé, contrôlé par le parti qui représente la classe ouvrière par son programme et la socialise d’une main ferme. Ce type d’idéologie a servi de couverture aux pratiques bizarres du bolchevisme, niant que la loi de la valeur fonctionne dans le secteur étatique et faisant des déclarations similaires quotidiennement, dans des textes et des articles de ses cadres dirigeants….pratiques des agences économiques étatiques, capitalistes à l’intérieur et à l’extérieur (accords avec les capitalistes étrangers)… L’ICT sait tout cela, mais évite de l’approfondir… et parfois même de le faire…

Cette attitude bolchevique, mélange de jacobinisme petit-bourgeois et de blanquisme prolétarien arriéré, dans les conditions concrètes de la Russie d’abord et de l’URSS ensuite, a généré dès le début de la révolution prolétarienne russe d’octobre 17 une répartition du pouvoir calquée sur l’approche bourgeoise : ainsi la majorité bolchevique a fait des soviets une sorte de parlement ouvrier législatif et de contrôle.. en théorie, avec des représentants des soldats et des paysans … et les tâches      exécutives, le centre      nucléaire essentiel du pouvoir,     étaient dérivées, concentrées   commissaires du peuple, Sovnarkom, avec   bolchevisme à la tête du gouvernement et de l’État russe … et Lénine     comme président. ([1])

C’est ce que raconte l’ICT à propos de la guerre, et aussi des résistances prolétariennes (ainsi que paysannes) lorsqu’elles ont vu que la     faim et toutes sortes de calamités n’étaient pas résolues, et que les travailleurs étaient traités comme     tels, comme une force de travail et une masse de conscrits. On pourrait développer, mais il faut comprendre qu’il s’agit bien d’un article. Mais la thèse qui     plane sur les évaluations de la TCI     est qu’il n’y avait rien d’autre à faire, que c’était tragique et que c’était un épisode de la contre-révolution, de sorte qu’à l’avenir ce sont les conseils qui doivent exercer     le pouvoir     et non le     parti, aussi communiste qu’il se déclare, mais il y a de la merde dans le parti et dans les conseils, que l’on ne veut pas critiquer correctement et en détail. Et dans les conseils, essentiellement parce que la majorité bolchevique privilégie le parti et ses structures dans un schéma d’action jacobin et blanquiste, ses délégués souscrivent à cette ligne après octobre, ils sont majoritaires et la ligne est pratiquement appliquée. Lorsque des problèmes surgissent à l’intérieur et à l’extérieur du parti (avec les révolutionnaires sociaux de gauche et les maximalistes en particulier, et aussi avec les secteurs anarchistes), c’est la main de fer qui prévaut. Les syndicats, qui pour Lenibn devaient être un contrepoids aux excès, sont la main syndicale du pouvoir, et Trotsky lui-même doit être frenché par Lenion lorsqu’il tente de les militariser au dixième congrès. L’ICT et ses semblables sont bien conscients de ce qui s’est passé et des interprétations de chaque partie impliquée… mais ils ne parviennent pas à en tirer les conséquences critiques.

La chaîne des faiblesses, des insuffisances et des erreurs du marxisme, ses différentes expressions qui marquent l’incapacité d’agir comme une seule force claire, cohésive    est laissée de côté. Les énormes responsabilités du     bolchevisme, en partie aussi… et surtout sa dérive anti-prolétarienne pratique criminelle et terroriste… Et rien sur la nécessaire sortie du pouvoir quand une telle situation se présente… ils écartent cela, criant au défaitisme. Mais dans des conditions défavorables, Marx et Engels avaient coulé l’IWA, après que le Conseil ait été transféré aux USA afin de rendre le processus aussi ordonné et favorable que possible, sans s’obstiner volontairement à continuer avec une structure qui n’était plus capable de faire face, au milieu de luttes puissantes avec l’aile bakouniniste et le recul des capacités révolutionnaires dans le prolétariat. Les bolcheviks ont pensé qu’ils faisaient quelque chose de positif ? Sans doute, mais ce n’est pas l’essence de ceux qui sont impliqués dans les événements et les luttes de classe historiquement pertinents qui est essentielle pour les interpréter et tirer des conclusions critiques.

Ce qu’Engels a dit et défendu    Munzer tombe dans l’oreille d’un sourd pour cette expression de la gauche communiste en Italie (dans la vague des positions dirigées par Onorato Damen après une forte     discussion avec les     partisans des positions dirigées par     Amadeo Bordiga, qui a abouti   scission organique définitive en 1952).

Écrivant en 1850, Engels traite du sort de Thomas Munzer, comme celui du leader d’un parti radical parvenu au pouvoir avant que les conditions ne soient réunies pour l’établissement d’une société communiste. Il est intéressant d’étudier ce passage de manière critique :

“C’est le pire qui puisse arriver au chef d’un parti extrême que d’être obligé d’assumer le pouvoir à une époque où le mouvement n’est pas encore mûr pour la domination de la classe qu’il représente et pour l’application des mesures qu’exige la domination de cette classe. Ce qu’il peut faire ne dépend pas de sa volonté, mais du stade où en est arrivé l’antagonisme des différentes classes et du degré de développement des conditions d’existence matérielles et des rapports de production et d’échange, qui déterminent, à chaque moment donné,le degré de développement des oppositions de classes. Ce qu’il doit faire, ce que son propre parti exige de lui ne dépend pas non plus de lui pas plus que du degré de développement de la lutte de classe et de ses conditions. Il est lié aux doctrines qu’il a enseignées et aux revendications qu’il a posées jusque-là, doctrines et revendications qui ne sont pas issues de la position momentanée des classes sociales en présence et de l’état momentané, plus ou moins contingent, des rapports de production et d’échange, mais de sa compréhension plus ou moins grande des résultats généraux du mouvement social et politique. Il se trouve ainsi nécessairement placé devant un dilemme insoluble : ce qu’il peut faire contredit toute son action passée, ses principes et les intérêts immédiats de son parti et ce qu’il doit faire est irréalisable. En un mot, il est obligé de ne pas représenter son parti, sa classe, mais la classe pour la domination de laquelle le mouvement est précisément là. Il est obligé, dans l’intérêt de tout le mouvement, de réaliser les intérêts d’une classe qui lui est étrangère et de payer sa propre classe de phrases, de promesses et de l’assurrance que les intérêts de cette classe étrangère sont ses propres intérêts. Quiconque tombe dans cette situation fausse est irrémédiablement perdu. ”
(F. Engels, La guerre des paysans allemands)

Pour le bordigisme, Lénine a fait ce qu’il avait à faire, et l’isolement, une certaine présence opportuniste     et des erreurs tactiques ont aggravé les conséquences    . Pour la TCI, il y a une certaine responsabilité… mais il n’est pas à la hauteur dans son évaluation critique.     Pour les deux, quitter le pouvoir et réaliser depuis l’opposition un travail d’autocritique et de résistance en même temps serait du défaitisme. La direction bolchevique y a été invitée     par le KAPD en     1921, et a été ignorée à Moscou… comme tant d’autres remarques critiques, avec sa position orgueilleuse et sectaire     que Lénine a     opportunément configurée   choquant pamphlet “Le gauchisme, la maladie infantile du communisme”.

Ce que     nous savons        un siècle plus      tard, c’est que     ce que le léninisme et le trotskisme     ont fait a conduit au stalinisme et a jeté les bases d’    une énorme confusion que le   s rangs marxistes traînent encore aujourd’hui. Pour le bordigisme et le damenisme, Lénine reste un     camarade à sauver, qui     a fait ce qu’il pouvait … jusqu’à verser le sang des ouvriers et des soldats révolutionnaires pour … lancer la NEP et      faire croire que la propriété         étatique des     usines, des finances et du commerce était le     socialisme, “bien qu’en germe dans cette période de transition du capitalisme au communisme”, comme l’a écrit Lénine, donc quelque chose à défendre et à développer contre les     variétés capitalistes privées et associées existantes. Mais le     prétendu parti dirigeant du “processus     menant au socialisme” (Lénine)… était dirigé par les relations capitalistes et   pantomime de législation et de contrôle administratif, économique et social.

Ainsi, il n’a     pas dirigé la révolution, mais a appliqué son commandement sur la classe prolétarienne    du processus de la lutte des classes et du “rôle dirigeant du parti”, du socialisme et de la période de transition, de “l’impérialisme, stade suprême du capitalisme”, du capitalisme d’Etat et d’autres questions de premier ordre… était dirigé comme une marionnette par le vent dominant des relations     capitalistes… ce que Lénine admet     partiellement, mais il laisse voir que cela pourrait être par le capital privé ou extérieur. Dans ces conditions, la contre-révolution émanait     de divers lieux et forces, mais certainement de manière très importante de l’intérieur de l’Etat et du PCR(b).

La discipline de la classe ouvrière et     le mécontentement des soldats et des paysans     étaient un aspect de plus du développement des relations capitalistes en Russie d’abord et ensuite en URSS, ce qui signifiait     céder du terrain au capital privé mais en même temps renforcer le capital étatique et associé. Mais le     bolchevisme soulignait que l’économie     était sortie des rails du capitalisme, comme le disait Lénine,     puisque le capital privé avait été durement touché. Dans la pratique réelle, le capital d’État     ne venait pas et les problèmes se situaient donc dans les relations     entre les trois principales     formes     de propriété capitaliste.

Tout ce processus s’est manifesté      à l’intérieur et à l’extérieur du     PCR(b) au cours des années 1920, avec des luttes entre les trotskystes     bolcheviks-léninistes et les autres ailes du parti, jusqu’à ce que l’aile stalinienne l’emporte.

 Le modèle de parti léniniste, entièrement loué par les bordigistes et partiellement par la TCI daméniste, conduit à ce que les conseils d’ouvriers et de soldats soient inhibés dans l’exercice de la dictature, qu’ils ne prennent pas à bras le corps les questions énormes et difficiles de la révolution à l’intérieur et à l’extérieur de la Russie et   socialisation de son contraire, que le bolchevisme n’a pas pu mettre en œuvre et concrétiser (politique léniniste de distribution des terres, puis volontarisme militant et terreur pour extraire des campagnes la nourriture et les matières premières, puis cessions au commerce     agraire, avec les villes et l’État, puis coopérativisme en partie frustré et en partie réalisé, puis “collectivisation” stalinienne dans le style “enrichissez-vous ! de Nikiolai Bukharin… etc.).

La prétention de calcul et de planification économique se faisait sur une base bourgeoise, volontariste, étrangère aux idées de Marx (calcul de la durée du travail, utilisation de bons qui ne circulent pas comme capital mais donnent droit à une consommation taxée, etc…. Le GIC a dû le rappeler et le préciser plus     tard avec ses “Principes fondamentaux de la production et de la distribution communistes”, infâmement qualifiés par le bolchevisme     d’anarchistes et de syndicalistes, comme Lénine et les dirigeants    calcul des prix, avec les entreprises avec leur propre comptabilité coût-bénéfice, avec le commerce, l’argent     et les marchandises, et surtout avec le travail salarié et le travail forcé par l’Etat,     implique le développement du capitalisme, des rapports de valeur valorisés, de l’accumulation capitaliste… En Russie et en URSS, le maximum qui pouvait être atteint était une contingence de consommation dans une économie de guerre, avec quelques avantages gratuits limités pour le prolétariat, qui ont été rapidement annulés et dépassés. Il n’y avait pas de période de transition ouverte, c’était un État isolé qui devait résister et qui l’a fait, mais pour ce faire, il devait accélérer le développement capitaliste, que le capital privé n’avait pas réussi à assurer et à gérer avec ses misérables gouvernements démocratiques et bellicistes au sens de l’impérialisme russe.

Le bolchevisme a rencontré des problèmes majeurs, une classe ouvrière    décimée et épuisée    et un isolement international, c’est évident. Mais     une part     remarquable de l’épuisement prolétarien est due à la politique    bolchevique. Et on peut dire la même chose     de     la confusion créée dans les rangs communistes et internationalistes     par l’idéologie     marxiste-léniniste, une réédition de     la social-démocratie confrontée au     socialisme centriste et à la droite socialiste, mais appelant ensuite     à s’     unir avec eu….x dans des gouvernements ouvriers et des fronts politiques afin que, grâce à l’astuce tactique de Lénine (soi-disant), il puisse prouver son rôle et faire réagir une classe à laquelle il avait inculqué des objectifs de capitalisme d’État déguisé en socialisme…. qui n’a pas réagi (Allemagne, etc.)… tandis que les     léninistes harcelaient      sectairement la gauche communiste qui tentait de suivre une     autre voie… ce qui signifiait que le     bolchevisme devait renoncer à son espace de pouvoir et de direction… Ce que le bolchevisme ne pouvait tolérer, et ne fit pas.

Utiliser les succès de la guerre pour cacher tout   cela    est non seulement fallacieux mais infâme et antirévolutionnaire. Et cette politique a trouvé dans le substitutionnisme de parti une phase de     son action, mais avant cela elle avait déjà laissé les soviets à l’arrière-plan, favorisant le Sovnarkom et sa politique      absolue d’ordre et de commandement (qui a conduit à interdire les tendances et les discussions depuis l’aberrant 10ème Congrès du PCR(b). Ainsi le modèle de la lutte marxiste pour la défection politique du mouvement est perverti en un modèle de mélange de blanquisme    et de     jacobinisme. La classe prolétarienne     exploitée est privée du contrôle collectif   capacités qui doivent être déployées et gardées en main par les différents organes de base et leurs capacités, les limitant à agir comme de simples structures destinées à exécuter les ordres d’en haut, dont les orientations ne sont acceptées que si elles sont conformes aux plans faits sans leur aide ou si elles permettent de réformer les orientations face aux impasses et aux problèmes croissants rencontrés de manière répétée.Des organes qui doivent être conscients à tout moment des besoins, des problèmes et des orientations de l’ensemble, et qui doivent nécessairement avoir la     capacité de mettre fin et de renvoyer de leurs fonctions mandatées (sur le modèle de la Commune de Paris de 1871) ceux qui ne se conforment pas aux mandats spécifiques et qui exercent des fonctions de commandement et de contrôle arbitraires, Ce schéma marxiste      organique et dialectique a été remplacé par   planification centrale bureaucratique et anti-ouvrière qui couvrait de facto les inefficacités et le chaos régnant, l’incapacité à contrôler le processus capitaliste, un processus qui se développait réellement     sur la base de la loi de la valeur     et du volontarisme administrativiste, mais que le bolchevisme a mystifié      en affirmant que c’était l’État ouvrier qui contrôlait tout à des fins socialistes… pour le bien de la classe     ouvrière et de l’internationalisme… tandis que la bureaucratie du     parti d’État, la bourgeoisie privée et la bourgeoisie associée amélioraient ostensiblement leurs conditions de vie sur la base du travail, de la     souffrance et de la domination     terroriste du milieu     ouvrier, une tâche     infâme pour laquell   e le bolchevisme a reconditionné et donné des places de commandement à des éléments bourgeois     et tsaristes     anciens et nouveaux dans    l’armée et la police… ….

Pour    bordigistes et les damenistes, Lénine et la majorité de la direction bolchevique n’étaient pas responsables de la ligne du “socialisme dans un seul pays” que le stalinisme aura comme bannière et alibi en tant que synthèse russe de tout le processus ici simplement esquissé à grands traits.

Une étude     rigoureuse     et approfondie de     leurs positions et actions     à l’aide de la méthode de Marx et Engels, du matérialisme historique du communisme scientifique et de sa logique dialectique critique, révèle qu’ils l’étaient. Mais ces tendances critiquées se dispensent      ouvertement     de      contraster et d’évaluer de manière critique     ce     qui est produit au-delà de leur nombril et de leur zone de confort ….ou bien elles nous proposent des substituts médiocres, limitatifs     et centristes, comme le fait     aujourd’hui la TCI, ce qu’il fait d’ailleurs depuis longtemps ([2]).

La TCI      va plus     loin que les bordigistes dans la critique du substitutionnisme, mais   deux branches de la gauche communiste italienne prennent la     position que le socialisme      ne peut pas être     réalisé dans un seul pays, ce qui est vrai, et que     la     révolution doit être internationale, ce qui est également correct. Mais elles répètent que le bolchevisme, par le biais de l’Internationale communiste    , avait l’intention de réaliser cette révolution internationale, ce qui     était vrai au début, mais ensuite l’IC     elle-même est devenue un outil entre les mains du PCR(b)      léniniste pour      enraciner le pouvoir du capital d’État en URSS     et     pour être utilisée dans     les vicissitudes     et les besoins      impérialistes de l’État     soviétique, lorsque     la corrélation internationale        des forces elle-même s’est avérée     contraire, comme l’a montré le      mouvement en Hongrie, en Allemagne, en Italie, au Royaume-Uni,     aux États-Unis,     etc.

Les théorisations aberrantes     de Lénine et des dirigeants bolcheviks, de tendance social-démocrate   qui concerne l’Etat et l’économie, ne sont pas radicalement remises en question par ces tendances, et tout au plus les contextualisent-elles comme le fait la TCI dans cet article. Mais pour un parti qui se déclare     marxiste et communiste comme l’ont fait les bolcheviks, croire qu’il peut gérer l’économie, que le capitalisme serait en dehors des entreprises et des secteurs d’État, qu’il n’y aurait pas de plus-value parce que l’État est “prolétarien” et autres mystifications et alibis, est si grave que la critique ne peut se limiter à une contextualisation     ou à rester sur un plan de     généralités limitées, comme le fait l’ICT. Les énormes confusions      bolcheviques sur le     type de révolution, sur le     “communisme de guerre”, sur les soviets, les syndicats et les comités d’usine,     etc. ne sont pas un simple produit des conditions d’isolement.

Hannibal (22-03-2021).

Source: La TCI sobre Kronstadt-1921 y el PCR (b). Lecciones centristas, limitadas y con ambigüedades (Original espagnol avec traductions automatiques en français et en anglais)

Notes

[1] Le premier Conseil des commissaires du peuple, élu par le deuxième congrès des Soviets russes le 7 novembre 1917, était composé de :

Commissaire du peuple _ Poste _ Décès

Président Vladimir Lénine Causes naturelles 1924

Le secrétaire Nikolai Gorbunov exécuté en 1938

Agriculture Vladimir Miliutin exécuté en 1937

Guerre et affaires navales Nikolaï Podvoiski (commissaire du peuple) Causes naturelles 1948

Nikolaï Krylenko (École de guerre) Exécuté en 1938

Pavel Dybenko (École navale) Exécuté en 1938

Commerce et industrie Víktor Noguín Causes naturelles 1924

Éducation Anatoli Lunacharski Causes naturelles 1933

Ivan Theodorovich Supplies Exécuté en 1937

Affaires étrangères Léon Trotsky assassiné en 1940

Affaires intérieures Alekséi Rýkov Exécuté en 1938

Le juge Georgy Opokov exécuté en 1937

Travail Aleksandr Shlyapnikov Exécuté 1937

Nationalités Iósif Staline Causes naturelles 1953

Postes et Télégraphes Nikolai Gebov-Avilov exécuté en 1937

Chemins de fer (vacant)

Finances Ivan Skvortsov-Stepanov Causes naturelles 1928

Protection sociale Aleksandra Kolontái Causes naturelles 1952

https://es.wikipedia.org/wiki/Consejo_de_Comisarios_del_Pueblo#Primer_Consejo_de_Comisarios_del_Pueblo

[2] Lorsque je leur ai envoyé une critique de leur plate-forme, la réponse a été le silence. Tout comme l’IOD (Institut Onorato Damen, une scission du PC Intª “Bataglia Comunista”, un axe essentiel de l’ICT). Et il en va de même pour les Bordigistes

Plus de lecture:

https://inter-rev.foroactivo.com/t6808-la-adaptacion-bolchevique-al-capitalismo-en-la-urss-significaciones-y-alternativas?highlight=la++adaptation+bolchevique

https://inter-rev.foroactivo.com/t9885-a-un-siglo-del-conflicto-de-marinos-soldados-y-obreros-de-la-base-naval-de-kronstadt-con-el-estado-ruso-y-el-pcr-bolchevique?highlight=kronstadt

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https://inter-rev.foroactivo.com/t9580-a-periodo-de-transicion-del-capitalismo-al-comunismo-varios-textos-partes-1-a-18-b-puntos-y-explicaciones-de-balance

Commentaires:

voir la version anglaise sur ce site.

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